linkedin twitter viadeo SENSEE blog.

Les gens qu’on aime. 30 octobre 2015.

Soba / Illustratrice

L'audace et la finesse de sa plume nous ont tapé dans l'œil. Nous l'avons rencontrée.

Soba / Illustratrice

La jeune artiste Soba a fait de notre alimentation son sujet de prédilection. A travers ses dessins, elle saisit avec minutie les excès de notre société de consommation. Plongée dans son univers créatif.

Sensee : Bonjour Soba, d’où vient ce pseudonyme ?

Soba : C’est la contraction de Sophia (mon prénom) et de Babari (mon nom de famille). J’en ai eu l’idée lors d’un voyage au Japon. Soba évoque là-­bas des pâtes de sarrasin dont je raffole !

fanzine-soba

Se. : Quelles sont tes sources d’inspiration au quotidien ?

So. : Le graphisme japonais justement. Je suis littéralement tombée amoureuse de ce pays qui a érigé le bon goût en art de vivre. Un simple packaging « made in Japan » m’émeut ! Bien que cela puisse paraître paradoxal car les Japonais sont connus pour être les maîtres de l’épure, j’aime l’accumulation, quand tout déborde… un peu comme en cuisine. Dans le même style, j’adore l’univers de Shintaro Kago ou encore celui du grand dessinateur de mangas Osamu Tezuka. Parmi les artistes français, j’admire notamment Tyrsa qui, a comme moi commencé en agence de pub. Il a réalisé dernièrement des lettrages avec du chocolat. Un super projet car il va au-delà des supports traditionnels.

siseng-soba-fresque-murale

Se. : Comment s’est développé ton goût pour l’illustration ?

So. : Voir passer tous ces beaux books d’illustrateurs lorsque je travaillais dans la publicité m’a éveillée à cet art. Un jour, un ami m’a demandé de réaliser l’identité visuelle (menu, carte de visite…) de son « asian food bar » baptisé Siseng. Cela a été un vrai déclic pour moi.

Se. : Quel a été ton parcours jusqu’à présent ?

So. : A 17 ans, j’ai décidé de partir en Belgique dans une école d’Arts Graphiques sur les conseils d’un ami. J’y ai découvert le goût du travail. Ayant grandi à Champigny-­sur-Marne puis à Saint­-Quentin­-en-­Yvelines, c’était le paradis comparé à ma vie de banlieusarde. Après mes études, je suis revenue vivre en France où je suis devenue directrice artistique de l’agence Rosapark. C’était frustrant de collaborer avec autant de marques et de ne pas avoir de temps pour mes projets personnels. C’est pourquoi j’ai décidé de me lancer à mon compte en tant qu’illustratrice. Cela va faire un an déjà. Le projet « le Chocolat des Français », réalisé en 2014 lors du Salon du Chocolat, a été un vrai tremplin pour moi et reste une belle carte de visite.

Se. : Que rêvais-tu de faire quand tu étais enfant ?

So. : J’aimais bien dessiner mais je ne savais pas encore que j’en ferai mon métier. J’ai appris avec un crayon en forme de saucisse que m’avaient offert mes parents. Ça ne s’invente pas !

siseng-soba-brand-identity

Se. : Et quelles ont été les rencontres déterminantes qui t’ont guidée dans ce sens ?

So. : D’anciens collègues m’ont mise en contact avec Karine Garnier, mon agent. Elle m’encourage beaucoup. Mon copain aussi que j’ai connu sur les bancs de l’école. Il a, comme moi, été DA et fait aujourd’hui de la BD. On travaille côte à côte dans notre appartement de Belleville qui nous sert de studio graphique.

Se. : En quoi consiste ton travail aujourd’hui ?

So. : Je travaille surtout sur des projets personnels. J’en ajoute d’ailleurs chaque jour un peu plus à ma longue « to do list ». Prochaine étape : la réalisation de « pop up » (pliages 3D). Je travaille également sur une série de « flipper food » ­ un flipper en intestin ­ qui traduit mon dégoût de certains aliments tels les donuts, glaces à la fraise industrielles… J’aimerais bien la proposer à une galerie. Quant à mes prochaines illustrations, on y verra des sushis en plastique !

Se. : Qu’est-­ce que tu trouves le plus difficile dans ton travail au quotidien ?

So. : Le fait que ce soit un métier instable. J’envie parfois les salariés qui ont une certaine sécurité de l’emploi. En même temps, je suis quelqu’un de solitaire. Être freelance est un vrai choix.

Se. : Et qu’est­-ce qui fait que tu n’en changerais pour rien au monde ?

So. : La liberté. Il y a bien sûr des contraintes, un format, un thème, mais c’est une chance énorme de pouvoir créer librement.

soba-le-chocolat-des-francais

Retrouvez l’univers créatif de Soba sur www.soba.paris.