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Les gens qu’on aime. 4 novembre 2015.

“Eté 1981” / Illustratrice pop

De l’album du duo Brigitte au livre de Sarah Lavoine, elle trempe sa plume pour faire renaître l’imagerie des eighties. Rencontre avec Delphine Cauly alias «Été 1981».

“Eté 1981” / Illustratrice pop

Jeunes filles pulpeuses, dessins d’ananas et de palmiers, portraits boudeurs, Delphine Cauly ­ née en “été 1981” impose son style. Un succès inattendu, pile poil dans l’air du temps alors que l’illustratrice utilise une technique centenaire, le dessin à la plume et à l’encre de chine,  empruntée à Léonard de Vinci.

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Sensee : Que rêvais-­tu de faire quand tu étais enfant ?

Delphine Cauly : Facile ! Depuis toujours : faire du dessin mon métier.

S. : Comment s’est développée ta passion ?

D. C. : A 5 ans, avec ma première copine d’école qui arrivait tout droit du Japon. Elle ne parlait pas un mot de français, alors nous ne communiquions qu’à travers des esquisses. J’étais épatée par ses dessins mangas, très différents des autres camarades de la maternelle.

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S. : Raconte-nous ton parcours.

D. C. : Ma mère est prof, j’ai suivi une scolarité plutôt classique mais j’ai toujours su que je préférais l’art à tout. Alors le bac en poche, direction les Beaux­-Arts. Mais le succès est loin d’être arrivé tout de suite. Ne sachant pas comment faire et n’ayant aucun contact, les poches vides, je me suis présentée comme vendeuse chez Vanessa Bruno et pendant 3 ans, j’ai eu un salaire fixe et de beaux habits ! Vanessa m’a même commandé quelques dessins et puis tout d’un coup, ma carrière a commencé à décoller.

S. : Quelqu’un t’a-­t-­il encouragé pendant toutes ces années ?

D. C. : Ma mère, mais aussi son mari qui était un illustrateur anglais très connu dans les années 80 – elles me collent à la peau ces années-là !

Le Blue Moon - Cauly copie

S. : Quelles sont tes sources d’inspiration ?

D. C. : Étonnamment ce ne sont pas des illustrateurs qui m’ont inspirée… Jusqu’à mes 18 ans, ma mère s’occupait de nourrir mon ventre et mon esprit, elle me conseillait de la littérature du 19e siècle, des films en noir et blanc, et les sculpteurs grecs. Je dois reconnaître que les gravures de Gustave Doré ou de celle de la Comtesse de Ségur m’ont touchée. Et adulte, j’ai eu un choc en découvrant les films de Miyazaki !

S. : Et ta journée type en ce moment, à quoi ressemble-­t-­elle ?

D. C. : Je me lève assez tôt, je fais un petit tour sur les réseaux sociaux en buvant du café et en fumant des cigarettes, je réponds à mes mails et je me mets au travail assez vite. Les journées peuvent être très mouvementées et intenses lorsqu’il y a beaucoup d’aller-retours et de corrections avec les clients, ou très calmes… de moins en moins. J’essaie d’arrêter de travailler vers 19h00 au plus tard et je sors un peu. Le soir, je vois des amis ou je rentre et dessine jusqu’à très tard en écoutant de la musique.

S. : Comment s’est passée ta rencontre avec le duo Brigitte ?

D. C. : Incroyable, comme dans un rêve ! Aurélie Saada, la rousse du binôme flânait sur Instagram et a commencé à liker mes photos. J’étais déjà très flattée, puis un jour nous nous sommes rencontrées et elle m’a commandé un dessin en m’expliquant leur nouveau concept pour ce deuxième  album : la gémellité. Je lui ai proposé une esquisse : ce fut le début de notre sublime association !

S. : As-­tu le temps de développer un travail personnel ?

D. C. : J’ai vraiment négligé mon travail personnel ces trois dernières années. J’ai recommencé à travailler pour moi il y a seulement quelques mois. Ça m’est devenu indispensable et j’essaie, dès que j’ai une pause dans mes commandes, de m’astreindre à produire un ou deux dessins perso, quitte à ne pas avoir de week­-end ou à ne pas sortir le soir.

S. : Qu’est-­ce qui est le plus difficile dans ton travail ?

D. C. : La solitude.

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S. : Et ce que tu préfères ?

D. C. : Les rencontres.

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Retrouvez l’univers créatif d’ «Été 1981» sur www.ete1981.com

© Credits : Delphine Cauly, «1981»