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Bienvenue chez nous. 13 novembre 2015.

Arnold / Sculpteur et scénographe

Formé chez Jean Nouvel puis repéré par Isabel Marant, Arnold Goron fait partie de l'équipe Sensee.

Arnold / Sculpteur et scénographe

Pour Sensee, il a imaginé une installation originale, à partir de branches de lunettes. Une vraie prouesse technique et visuelle née de plus de 500 heures de travail minutieux, 100% manuel.

Sensee : Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Arnold Goron : Sculpteur depuis trente ans, je suis devenu scénographe de vitrines en rencontrant Isabel Marant il y a une dizaine d’années. Elle n’avait à l’époque que deux boutiques et m’a proposé d’imaginer des scénographies pour ses vitrines. Ce fut le début d’une longue collaboration puisqu’il y en a aujourd’hui 22 dans le monde entier, ce qui m’occupe en moyenne six mois dans l’année. Mais j’ai aussi d’autres clients, comme Cartier, Aurélie Bidermann… et maintenant Sensee.

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S. : Parle nous de ton parcours, que rêvais-tu de faire quand tu étais enfant ?

A. G. : J’ai toujours été très manuel. Petit, je réalisais déjà des figurines élaborées en Légo. J’ai appris très tôt à utiliser toutes les machines et outils de bricolage, et dès l’âge de dix ans, j’aidais même mes parents à rénover notre maison.

S. : Quel a été ton cheminement pour arriver à en faire ton métier ?

A. G. : J’ai fait des études de graphisme, j’ai travaillé dans le cabinet d’architectes de Jean Nouvel puis j’ai réalisé les maquettes de Libération pendant 4 ans. J’ai aussi fait de la pub. Mais ma vraie passion, c’est de réaliser des choses avec mes mains.

S. : Certaines personnes t’ont-elles aidé, guidé, inspiré ?

A. G. : Je n’ai pas étudié la sculpture. Je n’ai donc pas eu de professeur pour me guider mais il y a des artistes que j’admire particulièrement tels que Jean Tinguely, Anthony Caro, Richard Deacon ou encore Henry Moore. Dernièrement, j’ai eu un coup de cœur pour le travail de David Altmejd.

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S. : Quel est le conseil qui t’a accompagné tout au long de ton parcours ?

A. G. : Il faut être juste et simple, au sens où une idée doit être réduite à son strict minimum. Je retire tout ce qui est superflu. La simplicité donne de très bonnes idées.

S. : Et quelle personnalité se cache derrière le créatif que tu es ? 

A. G. : J’aime bien rigoler, ce qui se retrouve dans mon travail où je privilégie les choses gaies et drôles. De l’humour toujours. De l’émotion et de la couleur aussi, voilà des termes qui reflètent qui je suis aussi bien dans ma vie personnelle que professionnelle.

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S. : Revenons sur Sensee, quelles ont été tes sources d’inspiration sur ce projet ?

A. G. : Je me réclame de l’art cinétique [NDLR : œuvres qui contiennent des parties en mouvement]. Dans cette optique, l’univers de la lunette m’a beaucoup inspiré. Mais l’idée est venue en fait par un autre biais. Je me suis inspiré du principe des stands de tirs. J’aime bien les nouvelles trouvailles autour des câbles, suspensions et roues. Ça n’a pas été facile de faire tourner deux cents branches de lunettes sur une courroie plate avec deux changements de sens. Les pièces destinées aux vitrines de Sensee sont très techniques, tout est fait avec minutie, d’autant que la machine que j’ai mise au point doit tourner pendant un an sans dérailler !

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S. : Comment s’est déroulée cette toute première collaboration ?

A. G. : J’ai proposé une idée avec un dessin à l’appui qui est – il faut l’admettre, ­ loin du produit final. Heureusement, Sensee m’a fait confiance. Quand j’ai une idée en tête, je fais tout ce qu’il faut pour être content du résultat.

S. : Et que t’inspire la marque elle-­même ?

A. G. : Je trouve le concept super car il n’y a pas de raison en effet que les lunettes coûtent si cher. Et je trouve le produit très réussi, de la charte graphique au design des boutiques en passant par le code couleur. C’est un bel ensemble cohérent.

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S. : Qu’est-ce qui te paraît le plus difficile dans ton travail ?

A. G. : Le fait de recommencer tous les jours tant qu’on n’est pas entièrement satisfait ! Le plus fatiguant, c’est de ne jamais lâcher, d’essayer de faire toujours mieux. Il m’a fallu cinq cents heures de boulot par exemple pour Sensee. Le plus dur a été de caler les branches avec des clous. J’aurais pu donner des plans techniques à un fabricant qui aurait réalisé le tout de manière parfaite, mais j’aime le travail artisanal bien fait, pas trop aseptisé. Le premier à être surpris par mes réalisations, c’est moi !

S. : Et qu’est ce qui fait que tu n’en changerais pour rien au monde ?

A. G. : J’ai toujours fait un métier artistique mais j’ai changé plusieurs fois de profession… La sculpture est ma seule vraie passion. Faire de sa passion son métier, ça change la vie !

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Retrouvez l’univers créatif d’Arnold Goron sur www.arnoldgoron.com.

© Photos : Sandrine Leonardi